"J'veux dire, pourquoi les gens ont pas quelque chose à dire ? Je suis là, autant en profiter. Quand le froid monte en moi, je m'imagine seul, le tableau mélodramatique parfait, sur le fond d'une Nocturne de Chopin, et puis en un millième de seconde j'ai l'impression que le shéma entier d'un plan sur lequel je peux voir exactement ce que je dois dire, redire, faire et ne pas faire pour que tout soit parfait. Le problème, c'est que c'est si rapide que je n'ai pas souvent le temps de bien lire le plan. Alors je me retrouve là, allongé comme qui dirait, et puis je vomi mes hantises et les poussières de déchets de mon imagination, croyant qu'une personne avec du recul pourrait explorer les tréfonds du labyrinthe de mon esprit. Et puis c'est chiant, on m'écoute, et c'est là que je pose toutes les questions classique et lié. Pourquoi on est là, qu'est-ce que je fais, pourquoi aimer, qu'est-ce que les gens, qu'est-ce que la normalité, pourquoi vivre en société, pourquoi provoquer, qu'est-ce que le changement ?
En ce moment à fleur de peau, je chialerais pour un gosse qui à tombé sa glace. C'est quoi l'empathie ? Le don de se mettre à la place de quelqu'un ? Mais si je crois me mettre à sa place et le comprendre aussi bien que si j'était lui, esque lui peut comprendre que je peux me mettre à sa place et me permettre de dire que je le comprend ? S'il m'arrive malheur, je n'aimerais pas forcément que certains croit pouvoir me comprendre, c'est pas leur cul. Et là vous allez me dire je suis méchant, ou je suis gentil.
Un méchant, qu'est-ce qu'un méchant ? Pourquoi j'ai envie d'être méchant ? Le méchant est devenu méchant parcequ'il a, à un moment donné, subi un traumatisme. Peu importe le traumatisme, s'il à été le fils de l'abandon, ou autre chose. Et là je me pose la question, si je suis méchant, c'est pour faire du mal aux autres, pourquoi faire du mal aux autres ? Pour les faire souffrir comme je souffre, donc leur faire partager ma souffrance, et si je cherche à partager quelque chose, même si c'est de la souffrance, c'est donc la recherche d'amour, d'affection, la recherche de quelque chose qui nous manque où nous à manquer.
Maintenant pourquoi je serais gentil ? Si je fais du bien aux autres, c'est parceque je n'ai pas subi de traumatisme, je désire donc uniquement, ne pas faire de mal aux autres, je trouve que le mal ne devrait pas exister. Si je fais du bien aux autres, c'est pour leur faire plaisir, si je veux leur faire plaisir, c'est pour qu'ils m'aiment, si je recherche leur amour, c'est pour que eux en échange, me témoigne de l'affection.
J'en arrive donc à la conclusion que le mal et le bien sont liés mais n'exprime pas l'amour de la même façon. Maintenant docteur, ma vision simple du mal ou du bien et de l'amour et de la haine, me sont evidemment lié, et c'est parceque je m'introspecte que j'ai pu déduire maladroitement tout ça.
Je parle, je m'exprime, pour faire le bien où le mal, si j'ai choisis les mots c'est pour éviter de me servir d'une arme, parceque au moins sa tue pas les gens, en tout cas au sens propre. Si je fais le bien par les mots, je flatte, j'explique, je rend beau, j'illusione. Si je fais le mal, je taille, je rend moche, je contourne et je pique. Seulement lié au mal et au bien l'amour, et quand je suis confronté à l'amour je suis maladroit, mais ça c'est parcequ'au fond je suis resté petit garçon, et tout ce dont j'ai besoin c'est de quelqu'un, parceque seul, les mots s'envolent, et même les armes, que ce soit pour faire du bien, ou pour faire du mal. Vous me comprenez docteur ? Alors quand j'arrêterai de parler vous allez me dire que j'ai rien de grave, juste un petit manque d'amour peut être, besoin de prouver quelque chose, besoin de prouver que je peux aimer, ou que je vaux quelque chose, des conneries dans le genre, mais peu importe, au fond, tout ce qui compte c'est peut être d'aimer, pour qu'au moins, les seules choses qui pourront nous blesser... seront les larmes. Merci docteur".